Var matin

Par C.G. le 09 Août 2019
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Odile Sauve a ouvert son atelier

Installée depuis un an à Seillans, Odile vient d’ouvrir son atelier d’artiste peintre route de Bargemon. Elle pratique depuis 40 ans et cette pensionnaire de l’École d’Arts d’Annecy et des Beaux-Arts de Paris a eu la chance, il y a quelques années, de recevoir un premier prix de peinture à La Réunion, ce qui lui a fait prendre la direction de la Chine pour représenter la France en délégation officielle. …

Critique d’Art

Par Léa Nollot, critique d’art, Novembre 2018

“N’importe où! n’importe où! pourvu que ce soit hors de ce monde!”
Voilà les mots qu’emploie l’âme du poète pour peindre ses humeurs.
Or ce sont les mêmes termes qui viennent à l’esprit lorsque on plonge dans les œuvres d’Odile Sauve.
Il y a un au-delà du figuratif difficile à saisir par le langage mais les émotions ne s’y trompent pas.
Ses toiles nous emmènent ailleurs.
Un ailleurs exotique qui derrière sa façade enchanteresse laisse entrevoir une histoire bien plus profonde que chacun doit créer pour soi.
Baudelaire écrit que son âme “crie (…) sagement ” les mots recopiés ci-dessus.
Comment peut-on crier sagement?
Une réponse à cette antithèse nous est apportée en regardant les œuvres de la peintre vivant à la Réunion et en Métropole.
En effet, les visages sont doux, lisses, calmes comme la surface de l’eau… mais le regard en arrière plan reflète un bouillonnement intérieur qui affleure.
Les visages crient donc sagement ; ils sont à l’unisson d’un esprit épris de voyages qui n’a de cesse, au delà d’une surface paisible, de s’imaginer outre-mer.
L’œuvre d’Odile Sauve est une œuvre des marges : entre calme et tempête, rêve et réalité, orée et cœur, peinture et sculpture.
Le spectateur a son rôle à jouer dans la reconstitution de l’unité des travaux présentés.
À lui , à vous de soulever le voile et de raconter les histoires de ces êtres figés dans la matière et dans l’immédiat de la représentation qui n’attendent plus que vous pour continuer le voyage.
Un voyage qui peut mener n’importe où tant qu’il relève de votre imagination.

Maisons créoles

Par Corinne Tellier dans le numéro de Juin 2014

Journal local, Réunion

27 Novembre 2013

Femme Magazine (Réunion)

Par M.P. en 2011

La nouvelle Célimène

Depuis 7 ans, à l’occasion de la Journée de la Femme, le Conseil Général attribue le «Prix Célimène» dans le cadre d’un concours, destiné aux femmes artistes amateurs. Les œuvres sont choisies par un jury de professionnels, parmi des sculptures, des peintures et photographies. Nassimah DINDAR (Présidente du Conseil Général) a décerné le premier prix à Odile SAUVE pour une peinture «Femme du monde – Mahoraise». “On ne peint jamais ce qu’on croit voir. On peint à mille vibrations le coup reçu, à recevoir…” Nicolas de Staël.

Odile est une personne authentique. Une femme sensible, pleine de pudeur et de distance par rapport à la récompense qu’elle a reçue comme un honneur. Trop discrète mais elle ira loin, c’est certain. Elle peint la lumière et le silence.
Comment est-elle venue à la peinture…?  – «Je suis née avec ça, en fait. Je pense que ça me possède depuis longtemps. Depuis toujours. Enfant, ma préoccupation principale était d’aider mes parents. Mais ma passion était la plus forte. Dès que je pouvais, je récupérais des crayons, des stylos, des bocaux. J’achetais du plâtre de Paris et pour faire plaisir à mon père, je faisais des vases en écume de mer. À l’époque je trouvais ça très beau. J’ai dû lui en faire une centaine, toutes les fêtes des pères il y avait droit. Le pauvre! (Rires) Je n’avais qu’une envie, c’est qu’il m’inscrive à des cours de poterie, de dessin, de peinture. 
Plus tard, quand j’ai eu des problèmes de santé et que tout le monde doutait de ma longévité, j’ai énormément dessiné, énormément écrit.» 
Y’a-t’il des artistes dans sa famille…? – «Mon père avait un bon coup de crayon. Je me souviens avoir vu un jour dans le grenier, une vieille boîte de peinture qui trainait dans un coin. Elle appartenait à mon grand-oncle. Ça m’a fascinée. C’est un cliché immobile dans ma tête, je devais avoir dix ans. »
Puis la vie a suivi son cours. Un mari, des enfants et le hasard d’une rencontre a fait le reste. «Chaque mardi après-midi, je buvais le thé avec une copine. C’était l’occasion pour nos plus jeunes enfants de jouer ensemble. Un jour je lui ai dis : Si on continue à se voir comme ça on va finir par dire du mal des autres. Ce serait bête! Elle m’a répondu : Si on se mettait à la peinture? Mon mari m’a offert une boîte d’aquarelle. – Je ne savais même pas dessiner une banane… (Rires) 
J’ai commencé par dessiner le paysage d’hiver que je voyais devant la fenêtre. Un arbre tout déplumé, sur un terrain triste, sous une lumière grise. J’ai essayé de faire une aquarelle, j’ai réussi et je n’ai jamais arrêté. Par la suite, j’ai peint toutes les nuits dans ma cuisine parce que j’élevais mes enfants en même temps.»
Puisqu’elle est une personne discrète et émotive, on peut se demander comment elle a fait pour s’inscrire à un concours. «J’ai failli ne pas participer. Ma fille m’en a parlé et m’a conseillé de le faire. Il m’a fallu prendre sur moi et me rassurer.» 
C’est le premier concours de sa vie. Elle est mal à l’aise avec les prix parce qu’elle estime que tout le monde mérite. Mais cette fois-là, elle a osé ce petit coup d’audace, ce petit coup de folie, comme un défi. – «Je suis revenue chez moi, j’ai regardé mes tableaux en me disant : Je n’ai rien à perdre, le principal c’est de participer.»
Elle se considère effectivement comme un amateur, même si elle peint et sculpte depuis 25 ans. – «J’étais en train de faire la démarche pour être reconnue en tant qu’artiste peintre et ça me tombe dessus. Comme quoi, il n’y a pas de hasard. Quand on est prêt, tout peut arriver!» 
Quand elle a déposé son tableau, «sa Mahoraise» à la Villa du Département, on lui a souhaité bonne chance. Elle a répondu: «Ce n’est pas à moi qu’il faut souhaiter bonne chance, c’est à elle. Maintenant, c’est elle qui bosse, ce n’est plus moi.» (Sourire) 
Quand on l’a appelée quelques jours avant la cérémonie pour savoir si elle serait présente et accompagnée, elle n’a pas vraiment compris ce qui lui arrivait. – «Si j’osais penser à la remise d’un prix, c’était le quatrième: L’encouragement.» 
Quand son nom a été cité pour avoir décroché le premier prix pour sa peinture “Femme du monde”, elle y a tout juste cru. – «J’avais les genoux en coton et les pieds qui tremblaient. J’étais tellement dans l’émotion que je n’arrivais pas à tenir une conversation, en fait.»
Sa Mahoraise, cette femme séduisante sous son masque de beauté  les a tous charmés. Il est empreint d’une grande pureté, il est émouvant d’authenticité. – «Quand je suis allée voir le Président du Jury, je lui ai demandé la seule chose qui m’intéressait : Pour quelles raisons l’avez-vous choisi ?» Si elle n’ose pas le dire, je vais l’écrire : Pour sa technicité, sa lumière, ses couleurs. Sa profondeur, son message et sa discrétion. 
Le mot de la fin… ?  – «Les rencontres, les amis et les difficultés de la vie m’ont faite. La douleur passe, la beauté reste. Je veux me remettre à peindre la nuit, parce qu’à ce moment-là, le temps n’existe plus. Le silence m’inspire.» 

Entre Chien et Nous

Par Isabelle le 9 Décembre 2010

Un autre regard sur les chiens de l’île de la Réunion

Odile Sauve, Artiste Sculpteur à la Réunion, prépare une exposition sur le thème des chiens errants. Ses sculptures représentent des Royal Bourbons, nom donné aux chiens endémiques de la Réunion, magnifique mélange de toutes les races existantes…

Odile Sauve : “Cette expo est bâtie autour de la différence, du métissage “canin”, de l’exclusion, sujet que l’on peut retrouver sans nul doute dans le monde humain… Le but de ce travail est de sensibiliser les personnes à la condition de vie des “exclus” et les invite à porter un regard plus responsable sur l’autre.
Quand je suis arrivée sur l’île il y a huit ans j’ai été choquée par le nombre de chiens errants, seuls ou en meute, complètement livrés à eux mêmes. Ici, le chien a eu dans le passé un rôle terrible, servant à poursuivre les esclaves en fuite. Par conséquent,  les gens d’ici  (en général bien sûr), craignent les chiens… D’un côté des chiens qui ont peur et de l’autre des personnes qui ont peur. S’en suit un problème de cohabitation énorme. On en voit beaucoup sur le bord des routes, écrasés, malades, ils se regroupent et deviennent dangereux. Je souhaite faire un parallèle avec les humains dans leur comportement, leur montrer les énormes similitudes et donc les toucher par le fait que les animaux ont des sentiments, des émotions, ressentent la douleur, la tristesse, comme eux. Peut- être pourrais je comme ça toucher au moins quelques personnes et ouvrir un peu leur cœur.”